J’ai déjà eu l’occasion de montrer à quel point la question de la mobilité douce m’était importante. Il me semble essentiel, au niveau communal, de tout mettre en oeuvre pour faciliter les déplacements à pied et à vélo dans notre commune. Bien sûr, on va me dire que Montreux est trop raide, que l’on ne peut pas aller faire ses courses à pied. Ce genre d’affirmations sont partiellement vraies, mais n’impliquent pas que rien ne peut être entrepris. Surtout lorsque ces mesures sont réfléchies en parallèle à l’offre en transports publics.
Ce premier billet concerne essentiellement la marche et un second billet viendra compléter l’aspect vélo. Je profite aussi de ce billet pour dire que je n’ai rien d’un jusqu’au-boutiste. Je fais un grand nombre de mes déplacements en vélo, à pied ou transports publics, mais j’ai un permis de voiture et même une voiture!!!
Généralités
Par rapport aux belles promesses de certains, la mobilité douce peut sembler une question dérisoire. Je ne le pense pas. D’une part parce que c’est un sujet où la commune peut agir. C’est toujours une des questions à se poser lorsque l’on écoute un politicien (moi y compris): Ok les objectifs semblent intéressants, mais qui a la compétence de mettre en oeuvres des moyens pour les atteindre?
La mobilité douce fait partie des questions où la commune peut favorablement agir (ou le contraire), car on peut favoriser cette mobilité en créant des infrastructures adaptées, en les mettant en valeur et en les entretenant. Cette question est aussi intéressante au niveau communal, car elle participe de la qualité de vie de nos quartiers. Si les moyens mis en oeuvre pour favoriser la mobilité douce, cela permet de diminuer la pollution de l’air, diminuer la pollution sonore, augmenter la sécurité et le sentiment de sécurité, etc. La mobilité douce permet aussi d’améliorer la convivialité des quartiers. La ville va moins vite, on se croise, on se salue, on peut même se parler. Se déplacer à pied est aussi un bon moyen de faire un peu de sport au quotidien.
Comment faire?
Il faut dans un premier temps étudier les habitudes des Montreusiennes et Montreusiens et définir les priorités, à savoir les déplacements courts et réguliers. Sur cette base, il faut définir des itinéraires privilégiés. Ces itinéraires devront alors être sécurisés, conviviaux et mis en valeur par une signalétique moderne et attractive (on ne peut plus se contenter des panneaux du tourisme pédestre, surtout qu’ils n’ont pas le même objectif).
Un exemple évident, mais essentiel, est celui des déplacements maison<->école. Il faut tout faire pour éviter que les élèves soient transportés à l’école en voiture individuelle. Au-delà des raisons environnementales, il suffit de regarder les zones de dépose devant les écoles pour se convaincre que la situation doit être modifiée pour des raisons de sécurité. Soutenir les lignes Pédibus est un moyen de favoriser les déplacements à pied. Mais la sécurisation d’itinéraires privilégiés et bien pensés doit aussi être entreprise. On doit facilement pouvoir étudier les déplacements des élèves et proposer une réponse ciblée. (voir par exemple ce que propose l’ATE.)
Des zones 30 et des zones 20
La réalisation de zones 30 dans les villages et autres quartiers d’habitation doit être accélérée et considérée comme une priorité. Plus de sécurité, un net gain de convivialité, moins de bruit et plus de tranquillité. Tout cela ne peut que rendre plus agréable la pratique de la marche. Les zones de rencontre (zones 20) sont un pas supplémentaire qui doit être fait là où c’est le plus pertinent. J’y reviendrai, car cela dépasse le cadre de la simple question de la mobilité.
Je tiens cependant à préciser que dans ma conception d’une zone 30 (ou 20), il y a plus que le simple marquage de la limitation de vitesse. Une zone 30 doit être accompagnée de mesures pour ralentir naturellement le trafic et ménager un espace suffisant aux piétons. Ces zones 30 doivent également être accompagnées de petits espaces verts de convivialité. Montreux doit faire mieux sur ce point.
Certes une zone 30 ralentit le trafic, mais contrairement à ce que l’on peut croire, en aucun cas cela ne crée des bouchons. Au contraire, le débit d’une route est meilleur à 30 qu’à 50 km/h. Bref, si elle est bien conçue, une zone 30 dans un lieu d’habitation ne pose aucun problème.
Une préoccupation au quotidien
Cette question doit aussi être, plus trivialement, une préoccupation quotidienne des services communaux et la aussi le municipal qui dirige les services concernés peut agir.
Je me déplace beaucoup à vélo ou à pied, souvent avec une poussette et mes jeunes enfants. Combien de fois ai-je été obligé d’aller sur la route parce que le trottoir était bloqué par un panneau « attention travaux » ou par de la neige qui avait été poussée de la route sur le trottoir? Prenons, par exemple, le trottoir, très emprunté, qui relie le stade de la Saussaz à l’arrêt de bus du même nom. Il est peu large et à chaque grande manifestation il est bloqué par un panneau temporaire pour indiquer le parking. Ce trottoir permet de rejoindre une des rares routes sans voitures de la commune et donc idéal pour la promenade, il relie aussi le stade et est donc emprunté par des jeunes. Une action politique cohérente doit prendre en compte la sensibilisation des employés communaux à cette problématique.
Cet exemple peut être multiplié sur la commune. Il faut des services à l’écoute des utilisateurs. Ce n’est pas encore assez le cas et je veux tout faire pour que cela change. Il y a aussi des moyens d’agir à l’interne de l’administration communale en développant un plan de mobilité pour optimiser les déplacements et le recours aux transports privés. La police peut aussi participer à l’effort de formation des jeunes et à la sensibilisation. Bref, il y a à faire!
